L’éclosion du jour un matin brumeux, c’est un nouveau départ, l’envol d’une vie baignée dans les parfums épicés de la ville orientale.
Une douce musique en tête aux refrains de silence ; des paroles de berceuse pour maintenir l’inconscience collective.
Une bicyclette posée contre un mur en vieilles briques fait face à une échoppe mal achalandée. Le propriétaire est allongé dans le fond de la pièce unique, une serviette humide sur le visage.
Chaque ruelle possède son corps de métier. Ici : les réparateurs de vélos affrontent les fleuristes, de l’autre côté. Au loin, un gratte ciel en éclaireur.
Et bientôt la foule. Une gare infestée de sons inutiles, de querelles sans but et de bousculades absurdes.
Et bientôt le cloisonnement, un wagon surchargé d’ennui. Un changement de province sous la pluie fine qui commence à tomber.
Des arrêts sans fin. La faim, sans arrêt, pour calmer une impatience grandissante.
Le bruit assourdissant du quotidien des passagers ; leurs manies pour seule distraction en ce jour d’été. Un jour qui n’existe pas vraiment sur un calendrier. Une date qui se manifeste pourtant dans un carnet de voyage lointain.
Rien
Et puis des montagnes. Des rizières et des terrasses. Des cascades et des forêts. Des rivières et des montagnes.
Le pays est tout autre. Les villages existent donc en dehors des grandes métropoles. La nature existe donc en dehors des parcs et des jardins. Ainsi, le pays n’est pas encore tout à fait mort.
Le calme règne enfin dans le wagon. La nuit assomme les derniers téméraires. L’obscurité borde les autres d’un voile épais.
Les lumières de la ville font leur apparition tels des projecteurs braqués sur les passagers. Le train s’anime.
Et bientôt la foule. Une autre gare infestée de sons absurdes, de querelles inutiles et de bousculades sans but.
Et bientôt le cloisonnement. Un bus, pour échapper à l’ennui. Mais l’impatience n’en finit plus de grandir.
Elle se tait dans les premiers cols de l’altiplano. Des villages tibétains pour nouveaux décors. Des drapeaux bön et des moulins à prière dans les hauteurs, le Sichuan livre ses premiers trésors.
L’eau vivifiante d’une rivière sur le visage et, déjà, on annonce la chance au voyageur qui a la paix dans l’âme.
L’enseignement du jour : si tu fermes les yeux suffisamment longtemps, tu peux voir tes rêves en les rouvrant.